Le secteur des biotechnologies est réellement impitoyable, encore plus pour les jeunes entreprises se lançant dans ce domaine. Il faut pour cela (liste non exhaustive) :

  • Déposer un brevet sur les résultats de ses recherches: 50% des lauréats de la cuvée 2005 du concours d’aide à la création d’entreprises innovantes sont titulaires d’un Doctorat - source : ministère de la Recherche. Ces entreprises sont souvent créées sur des concepts développés par ces docteurs ou ces doctorants durant leurs recherches dans le secteur public, nécessitant le dépôt de brevets, ce qui dans dans ce secteur est loin d'être un réflexe !
  • Trouver les partenaires/associés pour monter sa société.
  • Trouver les financements ... pour du court terme, du moyen terme mais également pour du long terme.
  • Identifier les personnes compétentes pour la prise en charge de la partie recherche et développement (finalement la partie la plus facile du processus de création de son entreprise en biotechnologies !)
  • Passer toutes les différentes étapes des phases d'essais pré-cliniques et cliniques (essais de phase I à III) jusqu'à l'autorisation de mise sur la marché (AMM).
  • Continuer les tests (phase IV) durant la commercialisation du produit.
  • Innover et breveter de nouvelles molécules: toutes les étapes précédentes pouvant prendre plus de 10 années, il ne reste que quelques années pour rentabiliser sa molécule avant que les "génériqueurs" (parfois des sociétés rattachées aux puissantes entreprises pharmaceutiques, donc ayant de gros moyens technologiques et financiers) ne fabriquent et commercialisent votre molécule.

On comprend bien avec un tel processus, dont les risques d'abandon de développement sont importants à tous les niveaux, parfois même très tardivement lors d'un refus d'AMM, qu'il est nécessaire pour ces jeunes entreprises de nouer des partenariats entre elles ou parfois même avec de plus grosses entreprises.
Se pose alors la question d'une part de la transmission d'une partie de ses connaissances à ses partenaires et d'autre part de la protection de ce savoir ! Dans ces circonstances, la mise en place de démarches d'intelligence économique (IE) et de knowledge management (KM) sont indispensables.

IE car dans ces domaines scientifiques, la veille (veille brevet, législative, technologique et concurentielle) et la protection de ses connaissances notamment sont plus que des facteurs clés de succès, des facteurs indispensables à la survie. L'IE permet également la mise en place d'une stratégie réellement adaptée à sa société et à son environnement. KM, car pour protéger ses connaissances il faut savoir ce que l'on connait et ce que l'on sait faire (!!!), et parce que l'innovation provient généralement du croisement des connaissances déjà acquises dans son entreprise couplées (ou non) avec des informations et connaissances extérieures (nda: j'ai séparé ici les termes IE et KM, comme c'est le cas d'ailleurs d'une manière générale sur ce blog en ayant créé une catégorie pour chacun des termes, mais je considère bel et bien le KM comme la composante d'une démarche d'IE).

A ce propos est présent sur le blog de almendralejo un article récent sur ces problématiques dont je ne peux que vous conseiller la lecture.

L'association de ces thématiques, IE, KM et biologie m'intéressant au plus haut point, il est fort à parier que je reviendrai sur le sujet prochainement.

Sources et liens utiles: